Environnement : entre promesses et réalités

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Le président Sarkozy a clos en fin de semaine dernière le Grenelle de l’environnement. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il avait mis les petits plats dans les grands : présence de deux prix nobels, du président de la commission européenne, et annonce d’une loi d’orientation reprenant les décisions issues des débats. Médiatiquement brillant, comme toujours !!!

Mais au-delà du déroulement parfait de ce plan com’, que pouvons nous attendre de cette grande messe écolo ? Certes, des décisions ont été prises, dans des domaines où pourtant il semblait illusoire d’attendre quoi que ce soit, et nous ne pouvons que nous en féliciter pour la santé de la planète. Mais l’absence de débat sur d’autres sujets, essentiels eux aussi, fait peser le doute sur la volonté réelle du gouvernement.

En effet, comment ne pas remarquer la manière dont les organisateurs du grenelle ont traité les biocarburants ? Au motif que l’Europe a légiféré l’an dernier en la matière, le ministre n’a pas trouvé intéressant de recevoir à l’avance les associations dénonçant, preuves à l’appui, le non sens des biocarburants en terme écologique. Pire, malgré la reconnaissance tardive des méfaits des carburants verts, aucune décision n’a été prise pour en empêcher le développement. Précisons que les grands céréaliers voient là une manne importante pour l’avenir, et les entreprises pétrolières qui y voient elles la condition de leur survie. Et si les syndicats agricoles, et les grands pétroliers… ? Aaaah, les lobbies…

Concernant l’agriculture biologique, si l’on ne peut que se réjouir de voir sa part augmenter dans la production globale, pourquoi ne pas être allé plus loin en mettant en place une TVA plus basse sur ces produits, afin d’en démocratiser l’accès ? Et si les syndicats agricoles… ? Aaaah, les lobbies

Le frein mis au développement des infrastructures autoroutières se fera sans compensation  réelle concernant le ferroutage : une ligne nord-sud ouverte, mais plus des 200 gares départementales fermées. En limousin, plus de 40 emplois vont être supprimés dans le fret, la décision venant d’être annoncée. Difficilement compatible avec la volonté de faire du transport ferroviaire la norme ! Et si les routiers … ? Aaaah, les lobbies…

Le projet de diminution des limitations de vitesses de 10km/h, pourtant efficace tant en terme de réduction de la pollution que dans le cadre de la sécurité routière, a été abandonné. Et si les constructeurs automobiles… ? Aaaah, les lobbies…

La création de 4500km de lignes TVG d’ici à 2030 au détriment de l’entretien des lignes corail et TER actuelles, le financement de l’opération se faisant par transvasement de budget autant que par subvention de l’Etat, le ridicule moratoire de 4 mois sur les OGM durant la période d’hiver, se finissant juste à temps pour les semences, l’absence de mesures réellement contraignantes concernant le transport aérien pourtant extrêmement polluant, le silence sur une éventuelle taxe carbone…etc. Tous ces exemples, s’ils n’effacent pas les quelques avancées qu’a permis le Grenelle de l’environnement, doivent nous faire prendre conscience que la révolution écologique n’est pas en marche, loin de là.

Pire, en demandant systématiquement la permission d’agir à ses amis (MEDEF, FNSEA, lobbies pétrolier et automobile.. etc.), la droite montre encore une fois le peu de considération qu’elle a pour l’écologie. Elle fait des concessions, sous la contrainte médiatique, rien de plus. Mais pouvions nous espérer mieux ?