Mardi soir, en marge de la rencontre France/Algérie disputée au stade de France, de nombreux sifflets ont accompagné la marseillaise, l’hymne national français. Evènement regrettable, inquiétant même, et qui devrait amener nos responsables à se poser la question évidente en ce genre de situation : pourquoi une telle réaction?
C’est certainement trop demander aux membres du gouvernement, qui se sont livré mercredi à une course à l’annonce la plus sensationnelle. L’un de demander l’interdiction de stade aux siffleurs, l’autre de demander à la justice d’engager des poursuites pour « outrage à l’hymne national », un troisième de demander l’annulation des matchs se déroulant dans une ambiance de sifflements, et le dernier de proposer que l’équipe de France ne joue plus face aux équipes dont les supporters ont le sifflet facile, du moins en région parisienne. A qui la palme de la proposition la plus consternante ? En une journée, et alors que les bourses mondiales repartaient à la baisse, actualité plus importante s’il en est, le sifflement est devenu une question centrale pour notre pays. Mais personne, ou presque, n’a voulu pousser le questionnement au-delà de mesures répressives.
Force est de constater que les nombreux supporters de l’équipe d’Algérie présents mardi soir au stade de France, majoritairement de jeunes français issus de l’immigration magrébine et habitant les nombreuses banlieues d’Ile de France, ont de la rancœur envers notre pays, et l’ont exprimé de manière peut être maladroite, mais en tout cas marquante. Car la question est bien là : 3 ans après les évènements qui avaient marqué de nombreuses banlieues en novembre 2005, et qui avaient été interprété comme un appel au secours d’une partie de la population se sentant mise au banc de la société, la situation de ces quartiers n’a pas évolué. Pire, entre l’assouplissement de la loi SRU, le refus de légiférer contre les discriminations tant raciales que géographiques chez les employeurs, la fin de la carte scolaire assurant un minimum de mixité, la suppression des moyens alloués aux lycées classés en ZEP…etc., le gouvernement joue le pourrissement, en opposant les citoyens entre eux.
Alors qu’un évènement remet en lumière un grave problème pour notre société, nos gouvernants s’attachent à lutter contre les conséquences, sans s’intéresser aux causes. Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt…



Et vous vous proposez quoi ? laisser faire ? naaaan, rien, comme d’hab. Vous critiquez et ca vous prend toute votre energie. Personne ne peut « oublier » la crise financiere, c’est pas une raison pour laisser passer les sifflements.
On retrouve la droite fidèle à elle même, avec sa célèbre ritournelle « la gauche ne propose rien ». Sauf que… c’est faux!!!
La première chose à faire, c’est changer d’attitude vis à vis de nos banlieues, et particulièrement des jeunes issus des banlieues. Désenclaver les quartiers réputés difficiles avec des projets de transports en commun vecteurs de développement, instaurer la mixité scolaire avec une carte scolaire ambitieuse, imposer la mixité sociale dans TOUTES les communes via une application stricte de la loi SRU (20% de logements sociaux par commune), lutter efficacement contre toutes les formes de racisme qui enferment les jeunes dans des situations de précarité et donc de la rancoeur (création d’une police des discriminations)…
Si nous nous attaquons aux causes, nous serons en capacité de soigner les signes visibles du mal, ici les sifflements, ailleurs des violences verbales…etc. Ce n’est en tout cas pas en stigmatisant encore plus une partie de la population qui a déjà largement son compte que nous ferons avancer les choses.
Pour finir, je précise notre opinion par rapport à la crise financière. La ficelle est tellement grosse sur l’utilisation de cet évènement pour masquer l’actualité, bien plus grave, marquant l’échec du libéralisme et du capitalisme financier que je ne peux pas croire que vous ne l’ayez pas remarqué…
Creation d’une police des discriminations ??? en effet, ca promet !
Et qui va etablir qu’il y a discrimination ? Luc Besson ?
Juste pour info, je ne vote pas – et n’ai jamais vote – a droite, ni meme au centre. Ceci dit je ne vous importunerais plus.
La police caractérise le délit (ici la discrimination), et elle laisse ensuite la justice statuer. Cela sous-entend bien entendu de fournir à la justice les moyens de fonctionner, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Par ailleurs, je regrette votre réaction, l’intéret du débat réside pour moi dans la contradiction!