Sécurité à l’école : posons les bonnes questions
Résolution déposée par la fédération de la Creuse
Le vendredi 15 mai 2009, une enseignante du collège de Fenouillet en Haute-Garonne a été agressée par un élève de 13 ans au sein de son établissement. A la suite de ces événements, le ministre de l’éducation nationale, monsieur Darcos, a fait part de son souhait d’instaurer de nouvelles mesures de sécurité à l’école.
En plus du traditionnel couplet sur la passivité des personnels, ainsi que sur le manque d’autorité des parents, le ministère a annoncé la mise à l’étude de dispositifs répressifs pour contrer l’augmentation de la violence au sein des établissements scolaires : installation de portiques de détection d’armes devant les établissements, fouilles, sanctions financières contre les parents afin de les « rappeler à leur devoir », mise en place d’une « force mobile d’intervention » pouvant compter aussi bien des forces de l’ordre que des individus de la société civile et renforcement du pouvoir des personnels (enseignant ou non) de l’établissement. Nous sommes, nous socialistes, dans l’obligation de dénoncer les risques liés à de telles mesures, tant ces dispositifs peuvent être détournés de leur mission initiale.
En proposant d’autoriser les fouilles, le ministre accepte de stigmatiser au sein des établissements certains élèves. En accordant plus de pouvoir aux personnels sans pour autant en définir clairement les frontières, il laisse l’équipe éducative encore plus désarmée qu’aujourd’hui. En créant des forces d’intervention, il assume le fait de faire quitter sa mission exclusivement éducative à l’école, et accepte le risque de violences contre l’enfant, qu’elles soient physiques ou morales, du fait de l’embauche de personnel non qualifié. Enfin, il se dédouane de toute responsabilité et assaille les parents en les menaçant de les faire payer, cherchant ainsi à leur faire endosser l’entière responsabilité de tous les faits et gestes de leurs enfants.
Il est plus que jamais nécessaire de créer des classes à plus petits effectifs, de recruter massivement des enseignants, afin d’assurer un meilleur suivi et accompagnement des élèves. La réintroduction de la carte scolaire, et son redécoupage afin de permettre la création d’une réelle mixité sociale au sein des établissements scolaires et d’en finir avec cette forme de ghettoïsation de certaines zones d’éducation semble, elle aussi, indispensable.
Néanmoins, endiguer la violence nécessite, au-delà de la lutte contre les origines sociales des malaises de notre société, d’avoir recours à un dispositif préventif d’une part, et répressif d’autre part : il nous faut donc à la fois rétablir la confiance entre les individus et l’éducation, ce qui peut passer par le renforcement de l’apprentissage de l’éducation civique, et à la fois réfléchir à des sanctions suffisamment dissuasives pour l’élève, sans toutefois tomber dans l’excès.


