les expulsions vers les pays en guerre, un pas de plus vers la négation des droits de l’homme…

les expulsions vers les pays en guerre, un pas de plus vers la négation des droits de l’homme…

Le mardi 20 octobre, il y a donc un mois et demi, trois jeunes afghans de 18, 19 et 22 ans, en situation irrégulière, ont été reconduits à la frontière, en charter.

Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, Éric Besson, avait alors affirmé que ces trois personnes, parce qu’il s’agit avant tout de personnes (certains ont semble-t-il tendance à l’oublier…), ne couraient aucun risque une fois rapatriés dans leur pays d’origine. Malgré les protestations des associations et partis de gauche, pour empêcher la reconduite à la frontière, notamment à l’aéroport de Lille, où le fameux « avion de la honte » a fait escale, les trois Afghans en situation irrégulière ont été renvoyés dans un pays, dont la sécurité laisse actuellement à désirer.

Mais le gouvernement afghan, lui, ne l’entend pas de cette oreille. En effet, «  l’un vient de la province de Paktia, l’autre de Baghlan, le dernier de Parwan », a détaillé le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement. Vivant dans des provinces malheureusement sujettes au terrorisme, à la guerre, et en aucun cas sécurisées, les trois Afghans ne pouvaient rentrer chez eux, sous peine de représailles, pouvant aller jusqu’à la mort.

Pire, actuellement, plus aucune information de ces trois personnes n’est disponible : en effet, si l’opinion publique s’est émue quelques jours de cette affaire, la rapidité du temps médiatique a su effacer cette histoire, pour être remplacée par une autre. Mais qui peut aujourd’hui s ‘assurer de la bonne santé de ces trois Afghans ? Qui sait si des représailles n’ont pas été exercées sur eux-mêmes ou sur un membre de leur famille ?

Face à une prise de décision aussi radicale que celle-ci, le MJS ne peut que s’émouvoir, et surtout s’insurger contre un gouvernement qui ose bafouer de la sorte le principe même des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi l’idée de solidarité, qui avait pourtant su guider une partie de la population française, celle qui doit désormais rendre des comptes à la justice, pour avoir aidé des personnes en situation irrégulière, et ainsi commis un délit de solidarité…